Pour la première fois cette année, les trophées remis lors de la 50ᵉ cérémonie des César, le 28 février, ont été glissés dans des pochettes en velours bleu marine, doublées de soie. Une nouveauté discrète mais significative, fruit du travail de l’Atelier Bakhita, une structure d’insertion professionnelle créée par l’association Aux captifs, la libération.
Installé à Paris, l’atelier forme des personnes en situation de grande précarité aux métiers de la couture. Il leur offre un cadre stable, un apprentissage qualifiant, et la possibilité de se reconstruire par le travail. « Nous avons été mis en contact avec l’Académie des César grâce à une bénévole, mais il a fallu présenter plusieurs prototypes pour convaincre », raconte Florence de Dreux-Brézé, qui dirige l’atelier. « Les exigences étaient très élevées, et les femmes ont énormément progressé techniquement grâce à ce défi. »
L’Académie a commandé 100 pochettes, réparties entre les éditions 2025 et 2026. Chaque sac a été confectionné à la main, et une carte y a été glissée : au recto, des consignes d’entretien ; au verso, les coordonnées de l’Atelier Bakhita et de l’association. Un clin d’œil discret, mais une visibilité inédite pour ces femmes souvent invisibilisées.
Jusqu’à présent, les trophées étaient remis dans des sacs en papier. Ce choix de matériaux nobles et durables, mais aussi de production solidaire, marque une évolution symbolique dans l’organisation de la cérémonie. Il souligne, à sa manière, l’attention portée à l’artisanat et à l’impact social de la culture.



